Interview : David Hewlett, Stargate & Science-Fiction.

davidhewlett-portrait

David Hewlett a récemment accordé une interview au site Blastr.com dans laquelle il parle de Stargate Atlantis, de Rodney McKay, mais aussi de ses différents projets actuels. Voici la traduction, réalisée par mes soins (pour lire la version originale, cliquez ici).

RODNEY McKAY.

« Mon personnage favori. C’est le rêve d’un acteur. Le rêve d’un acteur est de venir en sachant que tu n’es censé faire qu’un seul épisode, et d’ensuite revenir car les gens ont aimé. J’ai eu beaucoup de chance parce que le personnage était écrit d’une telle manière qu’il était odieusement marrant, et je pense qu’il a tapé sur les nerfs d’une bonne comme d’une mauvaise façon. C’était sympa. Bizarrement, juste parce que je suis un peu retors, l’idée que les gens détestent réellement un personnage était vraiment drôle pour moi.

Honnêtement, je pense que j’étais surpris. Je me souviens que j’étais sur le net lorsqu’il a été annoncé que Rodney reviendrait, et les gens étaient du genre « Quoi ? Dix années d’une série télé géniale avec des personnages merveilleux, et c’est celui-ci que vous décidez de faire revenir ? ». Je crois même avoir répondu. J’ai dit un truc du genre : « Je suis d’accord avec vous ! ». Je pense que j’étais tout aussi surpris qu’eux« .

SON AUDITION POUR STARGATE ATLANTIS.

« Ce qui était drôle, c’est que j’ai dû auditionner. Pour Atlantis, les salauds m’ont fait auditionner ! A l’origine, ce n’était pas censé être McKay. J’avais joué le personnage de McKay deux fois, et adoré. J’étais dans une situation où j’avais fait ces grands épisodes en tant que guest-star. Puis, j’ai entendu dire que Atlantis allait se faire, et j’ai appelé mon manager et dit : « Écoute, ça m’a vraiment plu de travailler sur cette série. Lorsque leur nouvelle série se fera, fais leur savoir que j’adorerais revenir ». Et je ne pensais pas en tant que personnage principal. Je disais cela en pensant faire un épisode de temps en temps. Et ensuite j’ai appelé mon agent qui était à Toronto à l’époque, et dit : « Oh, c’est une série canadienne. Peut-être que tu pourrais te renseigner là-dessus ». Rien ne s’est passé. Personne ne m’a donné suite. Puis, j’ai entendu dire qu’il y avait des auditions, et j’étais genre : « Oh, c’est vraiment dommage ». Et j’ai reçu cet e-mail de l’une des personnes en charge du casting disant – et c’est l’expression de l’industrie cinématographique la plus horrible de tous les temps – mais c’était « Ils veulent que le rôle soit noir » (« They’re going black with the role »).

Ça voulait dire qu’il voulait un acteur black pour le rôle… C’est toujours bizarre. C’est la manière la plus offensante de le dire, mais il semblerait que ce soit l’expression que l’on utilise dans l’industrie cinématographique lorsqu’on parle de ces rôles. Comme je le disais, j’espérais juste obtenir un rôle de guest-star de temps en temps. Et à la dernière minute, il y a eu cette agitation. Il y a eu ce mélange, et différents choix raciaux pour les personnages ont été échangés, et soudainement le personnage était ouvert à toute ethnicité.

Donc j’y suis allé et j’ai auditionné pour ce rôle. C’était toujours écrit… Je n’arrive plus à me souvenir du nom du personnage maintenant, mais à l’époque oui, dans des temps lointains, lorsque je n’avais pas encore d’enfant mais une bonne mémoire. J’y suis allé et j’ai lu pour cet autre rôle, et pendant l’audition, le mec me disait : « Écoutez, ils ne veulent pas McKay. Ils veulent ce personnage totalement nouveau. Donc ne le jouez pas comme McKay ». Et moi bien sûr, machiavélique comme je suis, j’ai répondu : « Oh oui, non bien sûr » et j’ai refait McKay. Il me disait : « Non, je trouve que ça sonne toujours très McKay ». Et j’étais genre : « Oh, vraiment ? Oh, ok. Je vais retenter ». Et je le refaisais encore une fois à la manière de McKay. Donc le pauvre mec me regardait genre « Bon, j’imagine que ça ne marchera pas », et je suis parti. Puis, j’ai reçu le coup de téléphone me disant : « Tu as le rôle, mais tu joueras ce nouveau personnage ». J’étais genre : « Quoi ? Comment c’est censé marcher ? Un épisode plus tôt, j’étais quelqu’un d’autre ».

Vous remarquerez que dans le premier épisode de Stargate Atlantis, McKay n’est pas vraiment très McKay. Ces répliques ne sonnent pas très McKay, parce que le scénario était écrit pour un personnage différent. Et dès le deuxième épisode, les scénaristes se sont remis en mode 100% McKay.

Ils m’ont appâté avec cette fausse sécurité, genre : « Génial ! Deux jours de tournage dans la semaine seulement ? C’est le meilleur boulot du monde ! ». Et dès le deuxième épisode, j’étais genre « Je dois être là tous les jours ? Quoi ? Comment j’en suis arrivé là ? ». Et voilà, en gros. A partir de ce moment là, j’étais là tous les jours, à devoir parler sans arrêt« .

L’AMOUR DES FANS POUR McKAY.

« J’adore ça. J’aime être aimé« .

STARSHIPPERS

« Bien sûr, je n’ai pas pu faire les choses simplement. Cela se passe sur un vaisseau spatial. Mais je pense que c’est vraiment très drôle. Il y a très peu de série mixant SF et comédie qui ont fonctionné à mes yeux à part les classiques comme Red Dwarf et, bien sûr, Hitchhiker’s Guide. J’adore ce genre de truc. Donc je voulais faire cet hybride, avec l’urgence & le danger que j’adore et l’élément effrayant de Doctor Who, combinés à cette comédie merveilleusement décalée d’une série comme Community ou quelque chose comme ça. On travaille dessus actuellement.

Pour l’instant, cela s’appelle Starshippers. On ne sait pas pour l’instant. Nous ne sommes pas sûrs. C’est à ce stade où l’on ne sait pas trop ce qui se passe pour le moment. On est en train de la développer. C’est sur une demi-heure. Je pense que pour nous l’endroit de diffusion le plus intelligent et le plus probable serait le net, mais connaissant Smokebomb et ces types là, ils trouveront une solution pour que cela fonctionne« .

DEBUG

« C’est l’une de mes petites expériences partie de travers. Ça a commencé avec l’un des acheteurs disant : « La Science-Fiction est vraiment à la mode en ce moment ». Et je n’ai pas pu m’empêcher de penser : « Quand ne l’est-elle pas ? ». Ce n’est peut-être pas « grand public », mais il y a toujours un marché pour la SF. Quand je vais sur Netflix, quand je vais sur iTunes pour chercher un film, je cherche toujours des trucs SF, mais il n’y a jamais rien là-bas. C’est pourquoi j’ai écrit Debug. Je veux plus de films de science-fiction qui ne soient pas des long-métrages à 200 million de dollars que je dois attendre longtemps tout ça pour généralement être déçu. Il y en a si peu, et à des périodes si distantes, même s’ils viennent aussi rapidement que Hollywood peut les réaliser.

Donc je voulais explorer ça. Depuis l’âge de 10 ans, lorsque j’ai vu le film de Kubrick 2001mon père a emmené un enfant de dix ans pour sa fête d’anniversaire voir 2001 : L’Odyssée de l’Espace. Mon seul regret étant, bien sûr, de ne pas avoir été faire pipi pendant l’entracte, et d’avoir donc eu envie de faire pipi pendant toute la dernière partie. Mais j’étais obsédé par cette idée d’un ordinateur qui se retournait contre les humains, mais en me plaçant du point de vue de l’autre. Je pensais sans cesse « Et bien, si j’étais lui, je ferais la même chose. Est-ce qu’on est censé être du côté de l’humain alors que l’humain tente de tuer l’ordinateur de la même manière que l’ordinateur essaie de le tuer ? ». Déjà à 10 ans, je pensais : « Hey, pourquoi personne ne pense à l’ordinateur ? Pourquoi est-il le méchant ? ».

Le film Debug est décrit sur imdb.com de la manière suivante : « Six jeunes hackers envoyés sur un cargo spatial à l’abandon sont forcés d’égaler la présence d’esprit d’une intelligence artificielle vindicative qui tuerait pour être humain ».

« C’est marrant. Vous voyez, je l’aurais écrit dans l’autre sens. J’aurais dit : « Une intelligence artificielle se bat pour survivre face à six humains ». Jane [sa femme] rigolait parce que, lorsque nous travaillions sur le scénario, elle disait toujours : « Tu n’aimes pas les humains, n’est-ce pas ? ». Et je disais : « Non, non, vraiment pas. Je préfère l’ordinateur ». Ce qui est l’une des raisons pour laquelle j’adore le film Her.

Je voulais juste faire un film fun à la… à défaut d’avoir une meilleure référence, Destination finale pour le côté truc dans l’espace. Je voulais qu’il y ait des gens qui se retournent les uns contre les autres lorsqu’ils affrontaient ce programme informatique. Et sans que je ne sache trop comment, j’ai réussi à convaincre Jason Momoa de jouer notre ordinateur maléfique« .

JASON MOMOA DANS DEBUG.

« Je pense que Jason voulait faire quelque chose de différent. Il fait toujours le même genre de rôle. Le pauvre. Il est béni et maudit avec son physique. Je pense que, d’une certaine manière, il serait plus heureux s’il était juste un petit troll moche comme moi, et qu’il pourrait se détourner de ces rôles et se concentrer sur son art. Il est ridiculement beau. La presse l’adore, la caméra l’adore. Mais c’est un artiste. Nous sommes des contraires absolus. Nous sommes diamétralement opposés. C’est un mec merveilleusement extraverti et anticonformiste, presque un beatnik, et je suis juste le mec le plus coincé et réglo qui existe. Il fait de l’art de récupération. Il trouve des déchets ou des arbres ou autres, et il en fait des œuvres d’art qui sont très intelligentes et belles. Il fait des films maintenant, et c’est à vous couper le souffle.

Il est incroyablement talentueux. Mais, à cause de son physique et de son passé dans l’industrie cinématographique, il est toujours vu dans le rôle du sauvage pauvrement vêtu. Donc nous avons pensé : laissons l’animal jouer le minéral. Il a vraiment adhéré. Je lui dois une énorme dette de reconnaissance. Je ne pense pas que quelqu’un d’autre aurait réussi à l’avoir sur un budget et sur un laps de temps comme le nôtre. Il a vraiment intensifié son jeu pour nous. Il est tellement plus mature qu’à l’époque de Stargate. C’est véritablement une star de cinéma maintenant, dans tous les bons sens du terme. Il comprend le business, il connaît sa place dans le business et comment le travailler au mieux, et comment faire son art au mieux grâce à ça. Il est venu pour nous, et était fantastique. L’idée, c’est qu’il joue avec eux, il joue avec eux intellectuellement et les trouble vraiment psychologiquement, et les fait se retourner les uns contre les autres. Je ne pense que c’est un rôle qu’il a l’occasion de jouer très souvent« .

Momoa joue le rôle de l’ordinateur nommé Iam. « Pas la nourriture pour animaux. Il y a eu tellement de débat autour de son nom. Il y a eu des va-et-vient, des disputes au sujet de son nom, et au final, j’ai dit : « Les mecs, ça n’a aucune importance, parce que les noms sont exclusivement propres aux personnes« . Moi, par exemple, j’aime bien le nom Rupert, et quelqu’un dit : « Rupert ? C’est un nom stupide ! Je déteste ce nom ! ». Tout le monde a ses associations avec les noms. Iam, c’est presque biblique ».

DATE DE SORTIE POUR DEBUG.

Hewlett espère que le film sera vendu cet été. « Donc les gens ne le verront probablement pas avant la fin de l’année, en tout cas c’est ce qu’on espère. Cela demande un tel travail. Mon pitch pour ce petit film, qui se déroulait sur un vaisseau spatial, c’était qu’on pouvait le faire complètement avec un petit budget… et ensuite, lorsque les financiers et les investisseurs sont arrivés, soudainement, c’est devenu un film beaucoup plus gros. Maintenant, nous avons près de 900 effets visuels, et nous travaillons toujours avec le même petit nombre de mecs sur les effets spéciaux qu’au début lorsque c’était censé être beaucoup plus simple. Si vous voulez que le résultat soit bon, ça demande plus de temps. Les pauvres nerds sont fébrilement en train de travailler sur tous les effets spéciaux maintenant, et une fois que cela sera terminé, on pourra enfin travailler sur le mixage final et tout. Mais ça a l’air génial« .

TRAVAILLER AVEC DES ALUMNI DE STARGATE.

« C’est drôle à quelle vitesse on retombe dans le rythme Stargate, où tu finis dans un coin à te plaindre de tout et de rien, et à te moquer des choses, particulièrement les uns des autres. C’est vraiment drôle quand tu travailles… enfin, si on peut dire ça comme ça, parce que ce n’est pas toujours le cas. Mais les acteurs de Stargate s’entendaient vraiment bien. Pas toujours de la manière « tout le monde s’adore ». Nous étions vraiment comme une famille. C’était cette merveilleuse famille dysfonctionnelle. Il ne faut jamais longtemps pour qu’on retombe dedans« .

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6 Commentaires

Classé dans Interviews

6 réponses à “Interview : David Hewlett, Stargate & Science-Fiction.

  1. laloux christian

    David Hewlett avait promis qu’il devait reprendre la série stargate atlantis étant donné qu les producteurs se sont mis plein les poches laisse tombé une série car des millions de fans en réclame alors David il est encore possible nous avons besoin nous les fans de stargate nous communiquons entre nous pour savoir si oui la série vas t’elle renaître?

  2. Chris

    Ah Davis, il est toujours aussi marrant 😀
    Sinon bonne traduction 🙂
    Ca fait plaisir de lire une interview de lui 🙂

  3. David Hewlett est génial! Heureusement pour nous qu’il a été pris ça n’aurait pas été pareil ^^

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